Frottis : à quelle fréquence faut-il le faire ?
Dr Khaled Sidhom — Santé féminine — mis à jour le 2026-09-01
Le dépistage du cancer du col de l'utérus commence à 25 ans. Entre 25 et 29 ans, il repose sur un frottis cytologique : deux frottis à un an d'intervalle, puis un frottis tous les trois ans si les résultats sont normaux. À partir de 30 ans et jusqu'à 65 ans, le test HPV à haut risque remplace le frottis et se répète tous les cinq ans lorsqu'il est négatif. Le dépistage est poursuivi même après la ménopause, même en l'absence de rapports sexuels actuels, et même chez les femmes vaccinées contre le papillomavirus.
Pourquoi le rythme change à 30 ans
Le cancer du col est causé par une infection persistante à papillomavirus humain (HPV) à haut risque. Avant 30 ans, les infections à HPV sont très fréquentes et disparaissent spontanément dans plus de neuf cas sur dix : rechercher le virus à cet âge conduirait à de nombreux résultats positifs sans conséquence, et à des examens inutiles.
Après 30 ans, une infection persistante devient beaucoup plus significative. Le test HPV, plus sensible que le frottis, détecte le risque plus tôt, ce qui permet d'espacer les contrôles à cinq ans en toute sécurité lorsqu'il est négatif.
Comment se déroule l'examen
Le prélèvement se fait en consultation, en position gynécologique, à l'aide d'un spéculum. Une petite brosse recueille des cellules à la surface et dans le canal du col. Le geste dure moins d'une minute et n'est pas douloureux, tout au plus désagréable.
Pour que le résultat soit fiable, il faut éviter le prélèvement pendant les règles, s'abstenir de rapports sexuels, de toilette vaginale, d'ovule ou de crème vaginale dans les quarante-huit heures précédentes, et signaler une éventuelle grossesse — le frottis reste possible pendant la grossesse.
Que signifie un résultat anormal
Un résultat anormal n'est pas un diagnostic de cancer. Dans l'immense majorité des cas, il s'agit de lésions précancéreuses, qui mettent en moyenne dix à quinze ans à évoluer et qui se traitent simplement lorsqu'elles sont prises à temps.
- ASC-US — cellules atypiques de signification indéterminée : le plus souvent suivi d'un test HPV pour trancher.
- LSIL — lésion de bas grade : régresse spontanément dans la majorité des cas, surveillance rapprochée ou colposcopie.
- HSIL — lésion de haut grade : colposcopie avec biopsie, puis traitement par conisation si la lésion est confirmée.
- Test HPV positif avec cytologie normale : contrôle à douze mois, la plupart des infections disparaissent d'elles-mêmes.
Vaccination et dépistage sont complémentaires
La vaccination contre le HPV est recommandée chez les filles et les garçons entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu'à 19 ans, et jusqu'à 26 ans chez certaines populations. Elle protège contre les génotypes responsables de la majorité des cancers du col.
Elle ne couvre cependant pas tous les génotypes oncogènes. Une femme vaccinée doit donc continuer à suivre le calendrier de dépistage exactement comme une femme non vaccinée. Vaccination et frottis ne se substituent pas l'un à l'autre.
Questions fréquentes
Faut-il faire un frottis si je n'ai plus de rapports sexuels ?
Oui, jusqu'à 65 ans. Une infection à HPV contractée des années auparavant peut persister silencieusement et évoluer bien après l'arrêt de l'activité sexuelle.
Le frottis dépiste-t-il le cancer de l'ovaire ?
Non. Le frottis explore uniquement le col de l'utérus. Il n'existe à ce jour aucun test de dépistage validé du cancer de l'ovaire en population générale.
Après une hystérectomie, faut-il continuer les frottis ?
Cela dépend du geste réalisé. Après hystérectomie totale pour une pathologie bénigne, le dépistage peut être arrêté. Si le col a été conservé, ou si l'hystérectomie a été faite pour une lésion du col, la surveillance se poursuit.
Le frottis est-il possible pendant les règles ?
Il vaut mieux l'éviter : le sang gêne la lecture des cellules et augmente le risque de résultat non interprétable, donc de prélèvement à refaire.
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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet d'établir un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.