Fuites urinaires après accouchement : que faire ?

Dr Khaled Sidhom — Esthétique intime & périnée — mis à jour le 2026-09-01

Des fuites urinaires à l'effort — en toussant, en éternuant, en riant, en courant — sont fréquentes dans les mois qui suivent un accouchement, mais elles ne doivent pas être considérées comme normales ni définitives. La rééducation périnéale débute habituellement six à huit semaines après l'accouchement, après la consultation post-natale. Elle associe un travail manuel et comportemental à des techniques instrumentales, dont l'électrostimulation magnétique EMS : la patiente reste habillée, assise sur un fauteuil qui génère un champ magnétique focalisé provoquant des milliers de contractions du plancher pelvien par séance. Une prise en charge bien conduite améliore ou fait disparaître les fuites chez la grande majorité des patientes.

Pourquoi ces fuites surviennent

Le plancher pelvien est un ensemble de muscles qui soutient la vessie, l'utérus et le rectum, et participe à la fermeture de l'urètre. La grossesse le soumet pendant neuf mois au poids de l'utérus, et l'accouchement par voie basse l'étire fortement.

Certains facteurs augmentent le risque : bébé de poids élevé, travail long, extraction instrumentale par forceps ou ventouse, déchirure périnéale importante, grossesses rapprochées, multiparité, surpoids, constipation chronique, toux chronique.

Une fuite à l'effort traduit une insuffisance de soutien : la pression abdominale brutale dépasse la capacité de fermeture. C'est un problème mécanique et musculaire, donc accessible à un entraînement ciblé.

Quand et comment commencer

La consultation post-natale, six à huit semaines après l'accouchement, comporte un examen du périnée : évaluation de la force musculaire, recherche d'un prolapsus, test de toux. C'est elle qui déclenche la prescription de rééducation.

Avant cette échéance, seuls des exercices très doux de reprise de conscience du périnée et de respiration abdominale sont indiqués. Il faut en revanche éviter formellement, pendant les premières semaines, la reprise des abdominaux classiques, la course à pied et le port de charges lourdes : ces efforts aggravent la descente des organes sur un périnée non encore récupéré.

La rééducation abdominale ne vient qu'après la rééducation périnéale, jamais avant. Renforcer la sangle abdominale sur un périnée faible revient à augmenter la pression sur un plancher qui ne peut pas la contenir.

La rééducation par EMS

L'électrostimulation magnétique (EMS) repose sur un champ électromagnétique focalisé, émis par un fauteuil, qui dépolarise les motoneurones du plancher pelvien et provoque des contractions musculaires supramaximales — bien plus intenses que celles obtenues volontairement.

La patiente reste entièrement habillée et assise ; aucune sonde n'est introduite, il n'y a ni geste intravaginal ni contact direct. Une séance dure environ vingt à trente minutes et délivre plusieurs milliers de contractions. Le protocole habituel comporte six à huit séances, à raison de deux par semaine, avec des séances d'entretien ensuite.

Cette approche est particulièrement adaptée aux patientes qui appréhendent la rééducation par sonde endovaginale, à celles qui ne parviennent pas à contracter volontairement leur périnée, et à celles qui manquent de temps. Elle se combine avec le travail manuel et le biofeedback, qui apprennent en parallèle la contraction volontaire indispensable dans la vie quotidienne.

Les mesures qui font la différence au quotidien

La rééducation ne suffit pas si les mauvaises habitudes persistent. Quelques mesures simples ont un effet mesurable sur les résultats.

Questions fréquentes

Les fuites urinaires disparaissent-elles toutes seules ?

Elles s'améliorent souvent dans les premiers mois, mais persistent chez une partie des femmes et s'aggravent au fil des grossesses et à la ménopause. Une rééducation précoce donne de bien meilleurs résultats qu'une prise en charge tardive.

L'EMS est-elle douloureuse ?

Non. La sensation est celle de contractions involontaires du périnée, parfois surprenante au début mais non douloureuse. L'intensité est réglée progressivement selon la tolérance.

Faut-il une rééducation même après une césarienne ?

Oui, elle reste recommandée. C'est la grossesse elle-même, et pas seulement l'accouchement par voie basse, qui sollicite le plancher pelvien pendant neuf mois.

Y a-t-il des contre-indications à l'EMS ?

Oui : présence d'un stimulateur cardiaque ou de tout dispositif électronique implanté, implants métalliques dans la zone traitée, grossesse en cours, saignement génital non exploré, et certaines pathologies neurologiques. Un interrogatoire précède toujours la première séance.

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Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne remplacent pas une consultation médicale. Chaque situation est particulière : seul un examen clinique permet d'établir un diagnostic et de proposer une prise en charge adaptée.

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